Chapitre 3- chimios suivantes
Jusque là ,çà n’avait pas été un problème, seule la chute des cheveux restait une épreuve très difficile.
Me voilà donc repartie pour ma deuxième chimio….plutôt confiante puisque ,avec la première j’avais subi « tous les mots » prévus………..
Erreur ,après un rendez vous avec mon oncologue, je me retrouve installée pour une nouvelle injection…….
Alors là, çà n’a pas fait un pli, j’avais pris le départ de la transatlantique à bord d’un monocoque. Je n’étais pas amarinée
et le mal de mer est arrivé rapidement…………et je l’ai conservé jusqu’ à mon troisième jour de mer !
Il y a longtemps que l’ile d’Ouessant avait disparu dans mon sillage.
Pendant cette période, impossible de supporter l’odeur des oignons que l’on s’activait à faire revenir en cuisine…… pas même les fragrances fugaces d’un parfum Lancôme bénéficiait de mon indulgence….J’en étais même arrivée à vouloir changer les draps en pleine nuit tellement l’odeur des médicaments que l’on m’avait administrés m’était insupportable…..
« On va peut être attendre demain matin pour changer les draps ….. »
Donc ,au bout de trois jours de mal mer, je suis de retour avec mes petits pépins annoncés :
Tachycardie, insomnie et peau abimée avec apparition de petits boutons bizarres ……les yeux pleurent comme si j’habitais dans un village d’éplucheurs d’oignons …….je n’ai plus de salive et suis prête à boire comme un lavabo…..
La troisième chimio se passe de la même façon je mets, malgré tout, une journée de plus à sortir du rail d’Ouessant.
Heureusement je suis bien entourée et je reçois de nombreuses marques d’affection et témoignages de sympathie. Voici les plus croustillantes
« Avec ta maladie, si tu veux on pourra t’aider…..si tu veux qu’on te sorte …. »
Je me voyais déjà comme une très vieille grand-mère qu’on allait sortir pour lui
faire prendre l’air …….
j'avais envie de lui répondre que j'étais encore "mobile"…. mais je n'ai rien dit…Le poids de l’éducation …….excusez moi, merci, bonjour madame ………
Une palme particulière pour ma boulangère qui n’en rate jamais une !
Lors de ma dernière visite ,Mme LA BOULANGERE ne tarit pas d’éloges sur mon turban et la façon dont je le fais tenir…….insistant même sur l’envie persistante qu’elle avait de pouvoir porter son turban de la même façon……..J’attendais impatiemment qu’elle me demande mon secret et là tout de go je lui aurai répondu…………….la boule à Z Madame !.......Mais je n’ai pas eu ce bonheur …..Cette fois-ci….car je suis sûre qu’elle reviendra à l’attaque !
C’est une spécialiste, pour mes 45 ans elle était chargée du buffet et avait pris ma belle sœur, mon ainée de 5 ans, pour ma mère……Cricri la GLAZIK en parle encore……
Trêve de plaisanterie, à part ces quelques maladresses rigolotes, mes amis et mes proches m’ont bien entourée, respectant mes moments de silence et de « mal être » occupant mes moments de « bien être ».
Les nausées étant moins fortes et moins fréquentes, je pouvais donc reprendre une vie normale et affronter les regards extérieurs avec mon scalp de compétition et personne n'y voyait rien.
Même l’infirmière qui m’a reçu pour ma troisième chimio me regardait à la façon de CHRISTOPHE LAMBERT dans le film
GREYSTOCK, vous savez l’histoire qui raconte la vie d’un gamin élevé par des singes.
Cheveux et sourcils tout lui paraissait réel !
Cependant la sensation de ces cheveux artificiels commence à me peser, çà gratte, c’est chaud et le foulard présente donc une alternative plus acceptable….
Cela dit le port de la perruque reste économique, finies les grosses notes de coiffeur …….
Les plus pointilleuses ont échangé les visites chez JEAN LOUIS DAVID ou FRANCK PROVOST avec un passage rapide, rinçage lustrage à « L’ELEPHANT BLEU »
De plus c’est la première fois que je peux rincer mes cheveux dans le lavabo tout en regardant la télé un peu comme la grand mère qui ne savait pas si elle claquait des dents puisqu’elles étaient sur la cheminée dans un verre .
Cela dit la perruque présente malgré tout quelques tentations de déconnade……
En particulier dans la queue des magasins de meubles, lorsqu’une bobo enceinte, fait valoir la priorité que lui donne, de fait, son état et cherche à passer devant vous ….la tentation est grande de la saluer en soulevant ce couvre chef si particulier !
Mais vous y renoncez, vous n’avez pas envie d’enfoncer davantage son mari qui transpire comme une bête, à pousser un chariot
de meubles suédois qui va, en plus, lui pourrir son weekend parce que sa dulcinée ne va pas le lacher jusqu’à ce que tout soit
monté.
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