Effets secondaires
Comme vous le voyez, çà va beaucoup mieux
Je pensais vous laisser pour de bon, mais il m’était impossible de ne pas vous narrer mes dernières péripéties. Rien de dramatique mais encore beaucoup trop d’émotions causées par de mauvaises rencontres qui peuvent joncher le parcours de patients en attente de réconfort.
Il me semble important de vous faire partager ces mauvaises
expériences et de vous rappeler que deux avis valent mieux qu’un et, que, quoi qu’il arrive, il vaut
mieux s’adresser à « votre spécialiste » …..Et ne pas écouter n’importe qui, même s’il fait partie du corps médical.
Alors que le traitement tire à sa fin…..je dis « tire à sa fin » car les épreuves les plus pénibles sont passées, il n’en reste pas moins que j’ai encore ma petite injection d’herceptine toutes les trois semaines. Aucun effet secondaire mais tout de même une injection de produit pendant une heure en utilisant la fameuse chambre* !
*Pour les néophytes, la chambre est un petit dispositif mis en place sous la peau et qui permet d’injecter directement dans la veine tous les traitements de chimio. Visuellement, si vous n’êtes pas trop épaisse comme moi, çà vous fait une petite bosse et un tuyau apparent sous la peau limitant l’usage des hauts échancrés !
L’usage de la chambre vous évite d’avoir des trous partout sur vos mains bras ou autre.
Ainsi comme une brave «jaguar» qui retourne au garage, je viens faire mon plein toutes les trois semaines.
A part ce traitement et quelques médicaments à avaler, le traitement est fini !
Ne pas oublier le voyage en AMBULANCE avec départ matinal (des fois très tôt), trajet hasardeux (les chauffeurs n’ont pas toujours le bon trajet), retour aléatoire (l’attente du retour et parfois longue) !
Je reste donc avec un résidu d’effets secondaires...
L’effet secondaire le plus désagréable est celui qui concerne mon œil.
Rappelez-vous, avec la chimio, j’avais un regard de poisson rouge.
Le canal lacrymal se bouche et les yeux pleurent !
C’est un paradoxe : Plus l’œil est sec, plus il est mouillé !
Néanmoins, les choses s’arrangent, petit à petit, mais malheureusement pas de façon symétrique !
Le résultat n’est pas mal, vous vous retrouvez avec un œil grand ouvert et indemne alors que l’autre est à moitié fermé avec la paupière pendante…..c’est la seule fois ou le costume du pirate vous tente !
On va rester comme çà, il faut réagir !!!!!
Première chose, interroger le personnel lors de ma prochaine injection d’herceptine. Ils ont l’habitude, ils sont à l’écoute, ils vont me rassurer !...
C’est ainsi qu’à l’occasion d’une visite, je demande à rencontrer LE DOCTEUR de permanence au service de chimio. Il faut savoir que j’ai toujours été une patiente assez facile et que j’ai fort peu sollicité les personnes de permanence en chimio. (Il y a des restes d’éducation qui vous bouffent parfois la vie)
Cette fois-ci, j’en ai besoin, de plus, nous sommes sollicités pour un rendez-vous éventuel, alors pourquoi se priver ?
Me voilà donc reçu par « LE DOCTEUR de permanence Chimio ».
Il me reçoit, mais au premier contact je sens déjà que çà le contrarie légèrement.
Je sors ma liste de questions et lui fais partager mes inquiétudes.
Au fur et à mesure des questions je le vois visiblement devenir très impatient d’en finir.
Je lui demande donc, si mes questions le fatiguent ! Et bien il me répond que oui, qu’il n’est pas là pour çà, que ces questions auraient dû être vu avant ……et que,de toute façon, c’est du domaine de mon oncologue (oncologue, c’est cancérologue dans la langue des « docteurs »; çà fait moins peur mais c’est grave quand même !)
MORALITE……pensez à poser les questions avant d’avoir les problèmes ! Mais quels problèmes, c’est la bonne question !
Alors , pourquoi me demander si je souhaite voir un médecin si ce dernier ne souhaite pas me voir !
Son attitude est néanmoins très surprenante.
Après m’être assurée que je n’étais pas filmée pour « surprise surprise », que je n’avais pas été reçu par « lafesse » (le comique) je me lève et m’apprête à partir.
J’en profite pour lui faire partager la surprise que m’inspire la lecture des résultats de l’étude de « satisfaction client » affiché en grand, sur un tableau en salle d’attente .
Après l’avoir complimenté sur son implication à faire évoluer ces statistiques dans le bon sens, je m’en vais en claquant la porte !
Ma sortie est remarquée par les infirmières !
Elles me connaissent, savent que je suis calme et bien élevée d’ordinaire et viennent quérir quelques explications.
Je relate les faits et les surprends. Néanmoins, la plus ancienne d’entre elle, répond à mes questions, point par point, avec compréhension et professionnalisme.
Je rentre ainsi, un peu rassurée, mais sans solution pour mon œil.
D’un coté, je vois « total écran », de l’autre je suis en « 16/9éme »..
C’est là que j’ai une idée de génie…celle de consulter un ophtalmologue.
Je recule devant rien et sous 24h j’obtiens un rendez-vous chez un ophtalmo qui me déclare « ne voit rien » et m’en colle pour 65€…plus un collyre !
Au passage, il me fait une ordonnance pour me refaire des lunettes progressives « spéciales ».Spéciales, çà veut dire que je dois aller les commander chez un opticien proche de son cabinet. Car il faut éviter certains grands groupes d’opticiens qui n’auraient pas su effectuer la commande ! De puis lors, je passe dans le quartier du lunettier en question avec la fierté de quelqu’un qui traverse « la Silicone Vallée » des binocles.
Quelques jours plus tard, je retourne le voir et là, pour 65€ je suis beaucoup mieux servi avec une ordonnance pour un scanner pour raison de suspicion de syndrome de « claude bernard horner ».
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SYNDROME DE CLAUDE BERNARD HORNER |
Syndrome dû à la paralysie
unilatérale du sympathique cervical mais qui peut se voir également dans certaines atteintes des hémisphères cérébraux ou du tronc cérébral.
Il se caractérise par une diminution de la pupille (myosis), un rétrécissement de la fente des paupières, un globe oculaire qui est plus enfoncé dans l'orbite. La température de la joue est plus
élevée que du côté sain et une sudation plus importante se manifeste du même côté de la face.
Cette atteinte périphérique des fibres sympathiques peut se manifester par exemple lors du développement d'un processus malin dans la région du dôme pleural (sommet du
poumon).
En clair, suspicion d’un cancer des poumons ….
Je rentre donc le moral dans les chaussettes….
Nous sommes vendredi soir 17 heures! Comment être rassurée rapidement ? Je ne me vois pas passer un w.e comme çà, avec cette incertitude….
Après quelques démarches culottées et la bienveillance d’alliés de choix, j’obtiens un rendez-vous pour un scanner le lendemain 16heures……verdict : il n’y a rien madame, rien du tout…ni aux poumons, ni au cou, ni au cerveau ni à la tête, alouette…
Malgré l’analyse apaisante de cette radiologue, à qui j’aurais bien fait la bise, le doute me perturbe encore….
Je récupère le compte-rendu des scanners le lundi et j’essaie de percer les secrets des commentaires médicaux…..ne jamais faire çà si vous parler pas le « docteur » couramment….
Derrière ces mots savants se cachent les pires maux barbares !
La sérénité ne reviendra que quelques jours plus tard avec les commentaires avisés de mon oncologue préférée et attitrée, qui aura pris la peine de se déplacer pour me recevoir.
Une fois de plus, n’allez pas chercher les solutions partout.
Cette maladie est bien particulière et ne peut être traitée que par les spécialistes de ce domaine.
J’aurai du retenir la leçon de cet été….où, après avoir consulté pour des œdèmes aux jambes (effets secondaires de chimio bien connus) je me suis fait administrer des diurétiques par
un médecin généraliste local (spécialisé en médecine du sport)…çà a fait de l’effet et ce fut du sport…mais pour les jambes rien.
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